Pourquoi est-il urgent pour les managers de se former au management des nouvelles générations ?

J’aimerais aborder le sujet des nouvelles générations avec le regard du coach professionnel que je suis.

Pour ces nouvelles générations dénommées Générations Y (personnes nées après 1979) et Z (personnes nées après 1995), les valeurs et les comportements au travail sont effectivement bien différents des générations passées. Les managers dans les entreprises peuvent sans peine le confirmer.

Après vous avoir présenté quelques caractéristiques des générations Y et Z, je vous montrerai en quoi ces générations vont impacter le style managérial dans les entreprises.

La génération Y, que l’on surnomme parfois les « digital natives », a été baignée dans un environnement technologique. C’est une génération qui a compris que le contrat social entre ses jeunes et l’entreprise n’était plus pérenne. Ils ont vu les fermetures d’entreprises, ils ont lu qu’ils allaient devoir exercer plusieurs métiers dans leur vie, et donc travailler dans différentes entreprises.

La génération Z, ou « génération connectée », a mis fin à la croyance que l’entreprise était un « fournisseur de bonheur ». Ses enfants ont grandi en ayant vu les dégâts qu’avait causé le chômage sur leurs parents. Dans les journaux, ils ont lu et entendu parler des licenciements boursiers, des parachutes dorés et ils ne souhaitent plus s’investir dans leur entreprise comme par le passé, car celle-ci ne peut plus rien leur garantir assurément, ni un travail, ni une carrière correcte.

« Je dois avant tout m’occuper de ma carrière, de ma vie, de mon bonheur sans compter sur les autres ! »

Ces Y et ces Z prennent leur destin en main

Ces Y et ces Z ont donc décidé de prendre leur destin en main avec l’idée qu’il n’y a pas à attendre quelque chose de la société (de l’entreprise, de la politique, des institutions). Selon eux, cette société n’est même pas capable d’assurer leur sécurité à cause du terrorisme et des catastrophes climatiques.

Ils ont intégré une philosophie de vie où l’individu est dans le court terme et dans l’immédiateté.

« Si je dois mourir demain, je préfère en profiter maintenant ! ».

Ils peuvent ainsi décider d’anticiper leur retraite en s’offrant parfois des périodes de non travail, ou anticiper un désintérêt rapide pour leur poste en quittant leur entreprise.

Depuis leur naissance, ces « jeunes connectés » ont vécu avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux ce qui les a amenés à vouloir travailler autrement.

Stop à la hiérarchie descendante et vivent la gestion de projets transversale, le travail en réseau, le partage et la bonne ambiance !

Stop à la subordination (lien de soumission entre l’employeur et l’employé dans le contrat de travail) et vivent la collaboration et la communication à tous les étages !

les nouvelles générations

Leur fidélité vis-à-vis de leur entreprise s’exprime autrement

Ces jeunes sont maintenant fidèles à leur équipe et à leurs pairs. Ils sont fidèles à leur manager uniquement si celui-ci sait les écouter, les reconnaître et les respecter.

La fidélité et le respect de la part de ces jeunes envers leur entreprise ne sont plus automatiques, désormais ils doivent se gagner.

Leur fidélité peut être plurielle car les Z sont des « slashers » et fiers de l’être. Ils sont plus de cinq millions aujourd’hui à slasher (phénomène qui consiste à cumuler plusieurs emplois).

Quelles conséquences pour le management en entreprise ?

 

La mise à jour des pratiques managériales va devenir obligatoire pour l’entreprise, afin qu’elle puisse retenir les meilleurs profils qui, sinon partiront dans des start-up ou créeront leur job. Gardons un chiffre en tête, tous ces Y et Z représenteront 75% des actifs en 2025.

Le manager va devoir adopter une autre posture vis-à-vis de ces jeunes car s’ils n’obtiennent pas satisfaction, ils sont prêts à prendre leur baluchon pour aller le poser ailleurs sans remords ni regrets. Selon l’étude Deloitte 2018 « the millennial survey  » 43% des membres de la génération Y interrogés pensent dans les 2 ans changer d’entreprise, 61 % pour la génération Z).

Ces jeunes veulent du fun, de la nouveauté et sont prêts à prendre des risques. Le manager devra leur proposer régulièrement des projets nouveaux. Il devra s’assurer qu’il règne dans le service une bonne ambiance qui est le critère numéro un pour rester dans l’entreprise, bien avant la rémunération perçue.

Ces jeunes pensent qu’ils peuvent se débrouiller tout seuls et qu’ils n’ont plus besoin d’être encadrés, mais dès qu’on les laisse seuls, ils se sentent abandonnés. Le manager sera toujours prêt à les écouter et à les féliciter pour qu’ils se sentent compris par leur hiérarchie.

Le manager n’est plus un modèle inspirant pour ces jeunes. Ceux-ci préfèrent leurs collègues qui ont le même âge et qui sont dans le même domaine d’activité. Le manager pourra adopter une position de manager coach (Cf article : « Devenez un manager coach ») ou de mentor pour les aider à évoluer professionnellement.

Ces jeunes aussi sont très désireux de concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle. Ils apprécient que leur manager les considère dans leur globalité et s’intéresse à leur vie en dehors du travail. Ainsi ils ne se considèrent pas comme des personnes seulement présentes pour délivrer un travail contre rémunération. Leur travail n’est pas seulement un endroit où ils gagnent leur vie, mais un lieu de vie.

Le manager qui saura également les écouter sur leurs sujets personnels et essayera d’apporter sa contribution à leur résolution, obtiendra en retour de la part de ces jeunes plus de loyauté et d’engagement vis-à-vis de leur entreprise.

Bien entendu, ce n’est pas simple au quotidien pour le manager entouré de jeunes Y ou Z, car il n’a plus les moyens de les obliger à faire. Il doit désormais les convaincre pour qu’ils agissent, et il doit les écouter d’abord s’il veut qu’ils l’écoutent à leur tour.

Je comprends les interrogations des entreprises face au bouleversement en cours au niveau du management des nouvelles générations, mais gardons à l’esprit que c’est la société qui a évolué dans son ensemble et qu’elle a donc des jeunes qui symbolisent ses nouvelles aspirations.

Pour changer sa posture managériale, il est important pour les managers de se former pour apprendre à mieux comprendre ces nouvelles générations, et surtout se doter d’outils différents pour manager autrement.

Travail avec le coach :

Tout d’abord, je propose aux entreprises de former les managers à adopter une posture de « manager coach » afin d’apprendre à mieux travailler avec ces nouvelles générations.

Les générations Y et Z étant très désireuses de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle, je propose également un accompagnement de coaching en entreprise, car ces jeunes ont besoin de soutien et d’écoute sur leurs problématiques personnelles pour rester pleinement investis dans leur vie professionnelle.

Thierry Chaume

Coach professionnel, Formateur, Conférencier

www.competenceshumaines.fr

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